dimanche 10 août 2014

Roermond - Arcen - Xanten : bienvenue en Allemagne !

Réveil brutal ce matin, à 7 heures, au son d'une pelle frappée contre les grilles de la fenêtre de ma cellule/chambre. Je n'ai que le temps d'apercevoir une silhouette dont j'aperçois le contour encapuchonné à travers le voilage, avant qu'elle ne disparaisse furtivement. Bien que surpris, je me dis que cela doit faire partie des cérémonies inventées par la gestion de l'hôtel pour entretenir le folklore carcéral de l'établissement. Quand j'en parle à la réceptionniste, elle ouvre de grands yeux étonnés et me dis que ce genre de réveils ne fait pas partie des prestations offertes par l'hôtel, que cela serait aller trop loin et que j'ai dû être terrifié. Bon, il s'agit d'un plaisantin alors, mais je n'ai pas tellement aimé l'aspect graphique de sa blague, car, avec sa pelle à la main, il ressemblait étrangement à la Mort fondant sur la victime qu'elle vient de se choisir. Je me promets de faire particulièrement attention aux carrefours aujourd'hui.
 
Je quitte Roermond vers 9h.30, guidé d'une main ferme par les indications du GPS, qui me ramène vers le lit de la Meuse, dont je descends le cours orienté vers le nord à cet endroit, en dessinant la frontière entre les Pays-Bas et l'Allemagne. J'atteins la zone forestière d'Arcen, qui semble être le paradis du vélo, si j'en juge par les joyeux promeneurs que je croise. Des auberges isolées offrent leurs terrasses aux cyclistes, j'en profite pour me restaurer.
 
Après déjeuner, le GPS m'envoie sur un chemin de forêt sur lequel je m'engage avec confiance, bien à tort, car il se transforme bientôt en bourbier dont j'ai le plus grand mal à me sortir. Mon vélo chargé de ses quatre sacoches n'est pas adapté à ce type d'itinéraires : après m'être sorti de ce mauvais pas, je dois nettoyer les projections de boue qui ont sali mes sacoches, les jantes et la chaîne. Lorsque j'ai terminé, je lève les yeux et lis les panneaux de la circulation et m'aperçois qu'ils sont en allemand.
 
Ca y est, je suis dans le pays de la Win !
 
Je mets cap sur Xanten, ma prochaine étape, en cheminant sur des pistes cyclables qui courent le long de routes départementales. Si je retrouve la politesse du style de conduite et l'omniprésence de pistes cyclables parfaitement balisées, l'ensemble est néanmoins moins net qu'aux Pays-Bas : en Allemagne, les herbes ont tendance à envahir les pistes, contrairement à la Hollande, où le réseau de circulation est absolument impeccable. Je fais une pause dans un biergarten où l'on me sert d'office un demi-litre de bière, avant de franchir les dix derniers kilomètres qui me séparent de ma destination. Ce soir j'ai opté pour un style d'hébergement plus "normal" : je prends mes quartiers dans un hôtel de style pension de famille. Le réveil se fera sans doute de façon plus traditionnelle...
 
 
Sur les berges de la Meuse


Dans les environs d'Arcen, aux Pays-Bas


Enfer de boue




L'Allemagne et ses plantations de bruyère, certaines en fleurs, d'autres non

La culture du maïs, omniprésente en Allemagne







 
Les lapins avec lesquels je partage
le biergarten, près de Xanten


samedi 9 août 2014

Liège - Maastricht - Roermond - chemins de halage et pistes cyclables en plat pays (90k)

J'ai eu du mal à me lever ce matin, le réveil sonne plusieurs fois mais je n'arrive pas à quitter mon lit. Finalement, je prends mon petit-déjeuner à l'hôtel et prends la route à 10 heures. Je passe devant la superbe gare de Liège, puis suis le cours de la Meuse jusque Maastricht. Le côté pittoresque des Ardennes françaises puis belges a disparu pour laisser la place à une succession d'installations industrielles en bord de fleuve, dont le lit s'est considérablement élargi entretemps. J'avance assez vite car j'ai le vent dans le dos. A la frontière avec les Pays-Bas, j'admire le chantier de construction d'une nouvelle écluse géante qui permettra le passage de méga-barges à destination et en provenance de Rotterdam. A l'entrée de l'aglomération de Maastricht, le GPS me conduit à escalader un mont en bord de Meuse où je trouve un restaurant dont la terrasse surplombe le fleuve. Puis, c'est par des chemins de campagne que j'atteins le centre-ville.
 
Grâce à mon navigateur, c'est sans encombre que je m'extrais de l'aglomération par le réseau de pistes cyclables dont certaines longent l'autoroute d'Aix-la-Chapelle. Je suis toujours aussi admiratif devant l'organisation impeccable du réseau néerlandais de routes/pistes cyclables/allées piétonnières. Comme je monte vers le nord, j'ai encore le vent dans le dos ce qui me facilite grandement la tâche. Le temps est ensoleillé avec de belles éclaircies. Les cyclistes de tous styles sont de sortie, aussi bien les randonneurs hard et soft que les tours de France qui foncent sur les pistes cyclables, pavées sur certaines sections (pavés jointifs).
 
Je demeure toujours surpris tout de même lorsque je croise des familles qui voyagent à bicyclette au long-cours, avec les parents et leurs jeunes enfants qui suivent, parfois sur des moitiés de vélos attachés à celui de leur parent, parfois en roulottes fixées au vélo de leurs parents. Quel courage et quelle audace !
 
A Geleen, je fais une escale technique afin de m'acheter du lubrifiant pour ma chaîne qui recommence à grincer suite aux intempéries de la veille qui l'ont mise à nue. J'en profite pour m'acheter un bandana car le mien est mouillé et je n'aime pas porter le casque directement sur les cheveux, et aussi une paire de mitaines supplémentaires.
 
A mesure que je m'approche de Roermond, je suis des routes de moins en moins fréquentées, fais un petit détour à travers la forêt, puis finalement entre dans l'agglomération. Je suppose que Roermond est doté de grands établissements industriels, car je remarque trois clubs érotiques ("Girls Girls Girls") et cela me rappelle l'établissement Gilda dont il est question dans Acciaio.
 
Enfin, j'atteins le centre-ville, dont l'ambiance n'est pas sans rappeler Amsterdam avec ses maisons caractéristiques, ses canaux et son coffee shop dont les clients fument en terrasses leurs cigarettes à l'odeur caractéristique. Je déjeune à la terrasse du Dux, dont le personnel me suggère de passer la nuit à la maison d'arrêt de Roermond... aujourd'hui reconvertie en hôtel conceptuel depuis 2007. C'est d'ailleurs depuis cette ancienne prison dont les coursives ont été conservées pratiquement en l'état que j'écris ce post...
 
Point d'où la Meuse donne naissance au Canal Albert qui court jusqu'à Bruges et au-delà
 
 
 

vendredi 8 août 2014

Givet - Dinant - Namur - Liège - au fil de la Meuse (130k)

Je ne tarde pas à franchir la frontière belge et retrouve le large cours de la Meuse avant de passer par Dinant, une jolie petite ville perchée sur les bords escarpés du fleuve. Par la suite, je continue en direction de Namur où le temps se gatte. C'est sous une pluie battante que je déjeune à la Terrasse, une guinguette gérée par la ville sur les bords de la Meuse.

Je suis l'un des deux seuls clients, et les garçons désoeuvrés viennent me faire la conversation en me posant des questions sur mon itinéraire et aussi en me donnant leurs impressions sur la France : "Ca ne va pas fort en ce moment, einh?". Non, ça ne va pas fort, mais on en a vu d'autres. Ils me confient également leur jugement sur leur ville, Namur, qu'ils considèrent comme une petite ville bourgeoise très calme, morte même à partir de 20 heures.

Mes croquettes et mes frites avalées, je continue en direction de Liège, malgré un temps peu clément. J'atteins Huy et sa centrale nucléaire (l'une des trois qui parsèment le cours de la Meuse entre Chooz et Liège), j'y fais une pause -- changement de décor dans cette cité ouvrière où j'ai du mal à comprendre le parler local, et vice-versa.

A partir du Huy, le GPS me fait quitter le cours de la Meuse et grimper sur les bords escarpés du fleuve. Ici, le plat pays ne l'est pas vraiment. Je redescends bientôt vers la Meuse et longe une suite ininterrompue de zones industrielles. A mon arrivée à Liège, les orages prévus par la météo éclatent et je suis obligé de me réfugier sous plusieurs abris successifs car la pluie tombe à verse, entre des acalmies trompeuses. Je trouve finalement un hôtel près de la gare après plusieurs essais infructueux, trop heureux à la perspective de pouvoir prendre une bonne douche chaude puis de me sécher un peu. Demain, il faudra que je change mes chaussures, car elles sont complètement trempées :-[. Heureusement, mes sacoches ont résisté et le reste de mes affaires est au sec.

Dinant et ses bâtiments élégamment perchés sur les bords escarpés de la Meuse
L'hôtel de ville de Dinant
La centrale Electrabel de Huy
Les falaises de Flône
Saint-Vincent, Liège


jeudi 7 août 2014

Selfie obsession entre Charleville et Givet (80k)

Réveil à 7h.30 en vue de préparer l'expédition cycliste ardennaise. Nous passons dire bonjour à Woinick, puis nous engageons sur la voie verte transardennaise. Arrêt à Bogny où il se met à tomber une fameuse averse. Nous nous séparons peu de temps après, les parents s'en retournant à Charleville afin de rentrer à Reims, moi continuant sur la voie verte jusque Givet. Le paysage est superbe et constant à peu près sur 80k, à savoir que je suis la vallée encaissée de la Meuse, tandis que des collines plantées du massif boisé des Ardennes s'élèvent de chaque côté du fleuve.
Pause Leffe à Bogny
Fumay et son église
Givet se donne de petits airs de riviera
 
 
 

lundi 4 août 2014

De Château-Thierry à Reims - promenade champêtre à travers vignes et vallons (70k)

Début du périple des vacances d'été, sans doute en direction de Hambourg, avec une étape à Reims. Le GPS option cyclotourisme me mène vers des endroits qui m'étaient encore inconnus, alors que j'ai suivi déjà à plusieurs reprises le trajet entre Château et Reims. Je passe ainsi devant le golf de Château Thierry, situé à proximité de la route de Soissons. A Courmont, j'attends la fin d'une averse à côté d'un tas de semences, sans doute du blé. Je passe devant l'abbaye d'Igny, centre d'artisanat monastique, à la limite des départements de l'Aisne et de la Marne. Enfin, je longe les tribunes restaurées du circuit automobile de Gueux.