mercredi 13 août 2014

Fürstenau - Quakenbrück - Lohne - Drebber - Bassum - un "go fast" de 100k en 5 heures et demi

Aujourd'hui, je m'efforce d'être plus matinal, car le GPS indique que j'ai devant moi un itinéraire de 125k. Or, j'ai dit à mon hôtesse prospective que je serai chez eux vers six heures, aussi je ne dois absolument pas traîner en limitant au maximum le nombre de pauses, et même en sautant le déjeuner.

Je prends donc un petit-déjeuner copieux à l'hôtel Wilken de Furstenaü, qui propose une profusion de mets (pain, fruits, pâtisseries, charcuteries, formages, etc.) servis avec style. On ne s'attendrait pas à une telle profusion ni à une telle présentation dans cette auberge, le tout pour un prix très raisonnable tournant autour de 65€, chambre, dîner et petit-déjeuner inclus. Je rends une petite visite rapide au bureau de tabac voisin dans lequel j'ai vu de jolies cartes postales, j'en choisis une pour ma collègue Luisa -- je l'écrirai près de la tour de l'horloge, à la terrasse d'un café tenu par des Italiens, avant de la poster immédiatement. Après avoir chaussé mes chaussures "de course", celles qui me font voler, je démarre mon itinéraire -- il est déjà dix heures, beaucoup plus tard que ce j'avais escompté.

Je surveille mon compteur kilométrique et constate avec anxiété que les kilomètres s'accumulent régulièrement, mais lentement. Allez, on appuie sur les pédales, en tentant de maintenir une moyenne de 20k/h. La nouveauté par rapport aux étapes précédentes est constituée par l'apparition d'un léger relief, ce qui rend le paysage plus rieur, moins monotone. Le navigateur a choisi pour moi un itinéraire varié, en me faisant passer par les coins pittoresques des villages et des bourgs que je traverse. Il en est ainsi de Quakenbrück, dont la cascade a été aménagée avec soin sur fonds européens pour en faire une aire de détente et de promenade prisée par les locaux.

Ensuite, je passe par Lohne qui est un gros bourg animé, puis Drebber dont je remarque le clocher de l'église en briques rouges anciennes, à la fois massif et finement ouvragé. A partir de Drebber, l'itinéraire se fait plus classique, moins varié car je suis la route relativement fréquentée de Brême. J'appuie sur les pédales en m'efforçant de faire défiler les kilomètres sur mon compteur. Je m'empêche absolument de faire une pause avant d'avoir atteint mon quatre-vingt dixième kilomètre, malgré les terrasses qui me tentent. Au quatre-vingt onzième, fourbu, je m'arrête, m'appuie contre un arbre et fume une cigarette -- j'en ai marre ! Pourtant, si j'en crois mon GPS, il reste encore du chemin à parcourir alors il faut bien se remettre en selle. Je mets du temps avant de retrouver mon allure de croisière et me fais dépasser par deux jeunes femmes en goguette. Je "m'accroche" alors à leur roue et j'ai une bonne surprise. Le GPS a largement surestimé la distance entre Furstenaü et Bassum : au lieu des 125k annoncés, il faut en fait n'en compter que 100. J'accueille cette erreur avec joie. Néanmoins, je suis arrivé beaucoup plus tôt que prévu, 15h.30 au lieu de 18 heures, et je dois patienter à la terrasse d'un café où je prends une wurst avec des pommes (frites).  Finalement, mon hôtel réouvre et j'en profite pour me faire enregistrer, prendre une bonne douche et préparer la suite de mon itinéraire.

Finalement, au lieu de m'en tenir à Lübeck, je choisis de pousser jusqu'en Suède, en prenant le ferry à Travemünde pour Trelleborg, après avoir expédié la visite du musée consacré à Thomas Mann à Lübeck. Cela me permettra de passer deux jours en Suède à partir de samedi, avant de revenir par le Danemark où je prendrai le train du retour à Copenhague. Perspective excitante !

La tour horloge de Bassum

Vue sur le clocher de Quakenbrück

Section urbaine de mon itinéraire (Quakenbrück). Des classes de lycées sont en train de visiter la ville. Certains s'étendent nochalamment sur l'herbe pour profiter du soleil

Les lovelocks sont arrivés en Allemagne !

La cascade de la Hase

Lohne

Drebber

Soulagement ressenti à l'arrivée à destination, plus tôt que prévu !

Schnitzel


mardi 12 août 2014

Ahaus - Fürstenau - itinéraire champêtre, entre pluie et beau temps (90k)

Je lève le camp aux alentours de 9h.30 et commence par parcourir Ahaus à la recherche de cartes postales, en vain. Je vais également à la gare en vue de prendre quelques renseignements sur mon billet de retour, mais la gare n'est en fait qu'un abri disposé le long d'un quai de chemin de fer. Déçu de ces recherches vaines, je me mets en chemin sans entrain. Je me laisse pousser par le vent jusqu'à Offlumer See où je m'arrête pour déjeuner au café dont la terrasse donne sur le lac.
Il a fait beau jusque là mais les choses évoluent rapidement. Une averse s'abat alors que je me lève pour payer. J'attends que la pluie se calme avant de remonter en selle, et de continuer de cheminer sur une piste cyclable qui me rappelle fortement la Cuckoo Trail entre Hailsham et Polegate, dans le Sussex. Le remblais sur lequel elle se trouve laisse à penser qu'il s'agit d'une ancienne voie de chemin de fer. Mais je n'ai pas tellement le temps de me livrer à ces considérations car la pluie recommence tandis que plusieurs orages traversent successivement la zone. Je suis obligé de m'arrêter à plusieurs reprises afin de revêtir ma cape de pluie, de mettre mes surchaussures, avant de les enlever à nouveau alors que le soleil est revenu.
La navigation est précise comme d'habitude, tout en empêchant que la monotonie ne s'installe : lorsque j'ai suivi une piste cyclable longeant une route depuis trop longtemps, le GPS m'emmène sur des chemins plus accidentés ou de petites routes étroites à travers champs. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de trouver l'itinéraire d'aujourd'hui légèrement ennuyeux. Je tourne alors mon attention sur les églises que je rencontre, généralement massives et austères (voir les images ci-dessous).
Une fois arrivé à mon hôtel, qui est en fait une auberge de village traditionnelle, je file acheter des cartes postales à la librairie voisine. J'en profite pour faire ma correspondance immédiatement et l'expédier dans la foulée. Pendant le repas, je converse avec un représentant de commerce qui se plaint de la structure managériale pléthorique de son entreprise, peu à l'écoute de la base, dont les décisions se fondent sur la logique financière au détriment de la logique productive. Tiens donc, en Allemagne aussi, les tensions existent dans le monde professionnel. Il n'en demeure par moins que nous avons affaire à une économie qui fonctionne. D'ailleurs, mon interlocuteur finit par louer le génie allemand, dont l'invention d'un verre lumineux/chauffant en est un exemple éclatant (!).
L'église de Heek
L'église de Schale
Un monument aux morts, version allemande
Ces cloches remontent à 1947, on imagine sans peine le contexte troublé qui les a vues naître.
L'église de Hollenstede
 
 

lundi 11 août 2014

Xanten - Wesel - Bocholt - Winterswijk - Ahaus - paysages de campagne germano-néerlandaise, de la Ruhr au Münsterland (85k)

Le petit déjeuner est aimablement servi par la patronne de l'auberge, alors que son fils m'a accueilli la veille. Si lui s'occupe de tout ce qui a trait à l'informatique dans ce petit hôtel, la mère supervise la préparation et le service du petit-déjeuner, copieux, en ambiançant ce moment d'une manière discrète et chaleureuse. Elle me tend une assiette de bacon + omelette, que j'avale avec du müesli et du thé au lait. Je délaisse à regret les charcuteries et fromages dont la table est richement garnie, car mon dîner de la veille m'est resté sur l'estomac.

A mesure que les autres convives quittent les lieux pour aller profiter des beautés de la région (tout le monde est à vélo, y compris les couples d'un certain âge, la ménagère, le grand-père), mon hôtesse se rapproche de moi pour me vanter sa région, essentiellement agricole (maïs, bruyère, cultures sous serre, comme j'ai pu le constater sur le chemin hier).

A dix heures moins le quart, je prends le départ. Comme la matinée est déjà bien avancée et que je souhaite arriver avant la pluie promise par la météo, je décide de sauter le repas du midi et de pédaler straight jusqu'à destination, aidé en cela par le pittoresque varié de l'itinéraire. A noter que le vent souffle vers le nord, ce qui m'est favorable, même si je dois faire attention aux bourrasques qui peuvent me déséquilibrer.

Les bords du Rhin entre Xanten et Wesel sont marécageux. J'aperçois au loin de nombreux échassiers -- des hérons blancs, des cigognes ? Puis je me rapproche du cours du fleuve, large et majestueux. Ensuite, je traverse la ville de Bocholt, dont je salue l'effort particulier de promotion des déplacements à vélo. Il faut dire qu'avec les Pays-Bas qui ne sont qu'à deux pas, et dont j'ai décrit la perfection des infrastructures cyclables, les Allemands, qui sont un léger cran en-dessous, bien que plusieurs crans au-dessus de nous, n'entendent pas s'en laisser conter et "mettent le paquet" pour être à la hauteur de leurs voisins... avec un certain succès d'ailleurs. J'admire les nouveaux trottoirs bicolores de la ville : pavés de noir pour indiquer l'espace réservé aux piétons, pavés de rouge pour indiquer la piste cyclable. Par ailleurs, la ville est entourée d'un vaste domaine forestier qui se confond avec celui de Winterswijk, de l'autre côté de la frontière, sillonné en tous sens de pistes et de chemins forestiers cyclables.

Je termine mon itinéraire en suivant la route départementale conduisant vers Ahaus. Je trouve facilement l'hôtel que j'avais sélectionné la veille en construisant mon itinéraire : par chance, il leur reste des chambres. Une journée parfaite, il n'a même pas plu, beau temps sur tout le trajet, avec de nombreux passages ombragés pour atténuer la morsure du soleil.

Le Rhin au niveau de Wesel






Itinéraire champêtre dans la région de Winterswijk

Une réplique hollandaise de la villa Savoye ?

Transhumance sur les routes hollandaises






Le centre de Vreden

Transition énergétique : les Allemands à leurs homologues européens : DONE !