vendredi 31 janvier 2014

Le choc : Dubai Ski au Mall des Emirats


Alors que je me promène dans les allées du Mall des Emirats, j´observe que, effectivement, comme on me l'avait annoncé, tout y est plus grand, plus beau, plus luxueux et plus bling que partout ailleurs. Alors que, au naturel, je ne suis pas un fanatique du shopping, je me laisse ici gagner par la fièvre ambiante en franchissant le seuil d´une boutique de vêtements. Malgré l´abondance de marchandises de toutes sortes et de toutes provenances, vendues aussi bien dans la grande surface qui occupe la majeure partie du Mall des Emirats (Carrefour) que dans la myriade de boutiques et de restaurants qui l´entoure, je ressens néanmoins un sentiment similaire à celui déjà ressenti dans d´autres centres commerciaux plus communs, que ce soit à Lille, à Reims, etc., proche de l´écœurement, de l´ennui, de la mise hors service des fonctions cérébrales, laissant la place à la passivité, à l´apathie et au conformisme. Je finis par joindre le rang des zombies qui déambulent dans les allées du mall, en cherchant le moyen de réveiller mes fonctions vitales.



 


A mesure que je m´engage dans une partie du mall que je n´ai pas encore explorée, je sens la température sensiblement s´abaisser.

 

Je finis par me retrouver face à la seule pente de ski au monde, aménagée dans le désert, alors que la température peut atteindre 50 degrés en plein été.  Incroyable, choquant, sans logique, désastre écologique ! Mais il faut bien l´avouer : Dubai Ski force le respect par sa folie même. J´entre à l´intérieur du complexe qui est organisé comme une patinoire gigantesque, avec des vestiaires où l´on peut se changer pour revêtir la combinaison de ski dernier cri que l´on vient d´acquérir dans l´une des boutiques de luxe environnant le complexe, ou alors si on est skieur occasionnel, on peut se contenter d´une combinaison de location, également disponible. Une fois que l´on s´est changé, qu´on a chaussé ses skis, on est prêt à affronter les grands froids et l´on peut alors se diriger vers l´accès à la piste, munie de remontées mécaniques comme il se doit.










Si l´on a un petit creux, il est possible d´aller se restaurer au restaurant dont les fenêtres donnent directement sur la piste, la Cheesecake Factory. L´ambiance y est bon enfant, démocratique tout en étant assez chic, les serveurs sont aimables et efficaces, ils me reconnaissent la deuxième fois que je me présente, et la nourriture y est excellente, en particulier leurs cheesecakes comme de bien entendu. Attention cependant, les portions sont servies à la mode US, c´est-à-dire qu´elles conviennent particulièrement aux gros mangeurs !


 

 

Après m´être restauré et après avoir longtemps regardé la piste et ses télésièges transportant les skieurs du désert au sommet de cette dune artificielle artificiellement enneigée, je vais au cinéma voir ´Hercule´, péplum dont le héros ressemble davantage à un super-héros Marvel qu´à un demi-dieu de l´Antiquité. Il était possible pour moi d´aller voir ´12 ans d´esclavage´, film dont la qualité était sans doute supérieure, mais franchement, l´ambiance de Dubai et des pays du Golfe n´incite généralement pas à se montrer exigeant du point de vue intellectuel, mais plutôt à faire usage de ses sens afin de jouir, jouir, jouir.

Ce but n´est que partiellement atteint avec Hercule, qui de toute façon est un film médiocre.  Je quitte le mall en rejoignant la station de métro dédiée et de là, mon hôtel. Avant de refermer cette entrée, je voudrais exprimer mon admiration pour le métro de Dubai entièrement automatisé mis en service en 2009, construit par Mitsubishi et dont les principes d´organisation sont dérivés de ceux ayant cours à Singapour, une des villes du monde les mieux organisées pour ce qui concerne les transports en commun.



Les voitures sont toujours impeccablement propres.

Un effort a visiblement été porté sur la décoration des stations.



Atlantis Mall et ´The Palm Jumeirah'

Je sors de la Marina et prends un taxi en direction de la gare du momorail desservant the Palm, car je souhaite aller jeter un oeil à cette île artificielle bâtie en forme de palmier.




Le long du tronc du palmier, j´aperçois à travers les vitres du train des immeubles répartis de chaque côté de la ligne du monorail. Je suis surpris car je ne m´attendais pas à un habitat aussi dense sur l´île réputée pour ses programmes immobiliers de grand luxe.

Goldnmile Bldg9

En fait, les villas sont regroupées sur les branches du palmier, tandis que le ´Crescent´, sorte de jetée circulaire englobant le palmier, accueille les complexes hôteliers au luxe tapageur, comme nous le verrons plus bas.


Le sommet du palmier est occupé par Atlantis, l´hôtel phare de Palm Jumeirah, qui abrite un centre commercial, un complexe de loisirs de jour et de nuit, de même qu´un grand hôtel. Il est desservi par la station terminus du monorail. Au loin, je peux apercevoir le parc de jeux aquatique intégré à l´hôtel Atlantis : ´Aquaventure´.


Le mall abrité par l´hôtel accueille une foule électrisée par le shopping festival organisé à travers Dubai. Je décide d´aller admirer les aquariums ´the Lost Chambers´.



Un exemplaire d´Arapaima, poisson d´eau douce originaire d´Amérique latine, en voie de disparition en raison de la pêche trop intense dont il est victime.



Méduses-filet en provenance du Pacifique

Aluterus monoceros, unicorn leatherjacket en anglais, est un poisson tropical.  Son nom provient de sa nageoire frontale/dorsale qui, lorsqu´elle est érigée, lui donne l´aspect d´un poisson licorne.







Contrairement à Riyad, Dubai autorise les night clubs, comme par exemple le N´Dulge.


Vue sur l´Atlantis depuis le front de mer.
Je décide de parcourir le Crescent dans sa partie sud. Je longe des complexes immobiliers et hôteliers en cours de finition. Des badauds se promènent sur la jetée, appréciant les courants d´air qui leur parviennent du large.



Le complexe hôtelier Kempiski





Le Taj

Le hall de l´Ottoman, croulant sous les dorures à tel point qu´il a l´air d´être en or massif.



La jetée se conclut par un autre complexe hôtelier qui, davantage que les précédents établissements en proie à une sorte de frénésie, joue sur la carte du luxe, calme et volupté, le "One & Only", tandis qu´au loin se dessinent les gratte-ciel de Dubai dont les lignes audacieuses sont soulignées de néons.





Alors que je cherche sans succès un taxi afin de retourner en ville, un conducteur de minibus me hèle en me proposant de me prendre à son bord.  J´accepte sans faire de façons. Il est chargé d´aller récupérer des clients à l´Emirates Mall. Je lui demande s´il ne peut pas m'y conduire par la même occasion. Tandis que nous slalomons entre les files de voitures sur l'autoroute urbaine à six voies qui traverse la ville, en laissant le passage libre à des voitures de grand luxe conduites par de jeunes Emiriens ultra-pressés et désireux de dépasser les autres véhicules à tout prix, je me rends compte que le pauvre homme a l´air littéralement épuisé par la cadence infernale de son travail. On dirait qu´il va littéralement s´endormir sur place en laissant sa tête tomber sur le volant. Je m´applique à lui parler sans arrêt afin d´empêcher que cela ne se produise.

Lorsque nous arrivons à destination et qu´il me dépose à l´entrée d´Emirates Mall, j´avoue que je me sens soulagé.